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D'une restauration à l'autre

L’établissement public devenu propriétaire de la commanderie de La villedieu le 20 mars 1972, engage un premier programme de sauvetage et d’aménagement des bâtiments.

Cette campagne de restauration est complétée en 2012 par une seconde phase, apportant un nouveau regard sur la restauration de la chapelle.

Une première campagne de restauration d'envergure

Conformément au souhait de la commune et de l’association de sauvegarde, l’EPA décide d’entreprendre des travaux de restauration conséquents qui ont lieux entre 1971 et 1978. Le chantier est conduit sous l’égide de MM Delaunay et Bonnefoy, architectes, l’un des bâtiments de France, l’autre chargé de la réhabilitation. Des mesures d’urgence sont d’abord prises pour le bâtiment des Gardes et la chapelle, dont la toiture est partiellement arrachée. Après une réfection du toit en tuiles, les fenêtres sont rouvertes et pourvues de nouveaux vitraux.

Dans ceux du choeur sont alors intégrés des médaillons du XIIIe siècle provenant d’une autre commanderie détruite, celle de Sainte-Vaubourg en Seine-Maritime. L’enduit au mortier de chaux qui recouvrait les parois intérieures, très abîmé, n’est pas conservé. Pour des raisons notamment d’acoustique, le choix est fait de laisser les murs en meulière nus. Le sol, baissé au XIXe siècle lors de la transformation de la chapelle en grange, est alors remis à niveau en fonction des marches de la porte d’entrée. Les bâtiments de Bièvres et de Chevreuse, ainsi rebaptisés par l’EPA, sont ensuite réhabilités par des travaux conséquents, de l’ordre de la reconstruction pour certaines parties.

La déontologie de la restauration

intérieur chapelle vers 2000 ©CG78.ADY.fonds EPA SQY/D.R.intérieur chapelle vers 2000 ©CG78.ADY.fonds EPA SQY/D.R.

L’histoire de la restauration est faite de positionnements parfois opposés. Au XIXème siècle, alors que pour le français Viollet-le-Duc restaurer un édifice consiste à « le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé », pour l’anglais Ruskin toute intervention est une hérésie à l’encontre de l’usure du bâtiment, dont la ruine constitue le stade ultime et le plus exaltant.

La position actuelle est intermédiaire, visant à garantir la conservation du monument tout en respectant une représentation juste, eu égard à l’histoire propre du bâtiment. Ainsi les choix sont opérés au cas par cas et fondés tant sur des analyses scientifiques précises que sur la prise en compte de l’utilisation future du lieu.

Chapelledela Villedieu-redimentioneeIntérieur chapelle 2013 © Casqy C. Lauté

Dans tous les cas, le principe de réversibilité est primordial. La remise en couleur d'un décor ancien surprend nos yeux contemporains accoutumés aux pierres nues là où, du temple grec aux cathédrales, on sait cependant que les édifices étaient peints. Cette restitution s’appuie sur des restes de polychromie qui ont permis d’identifier l’emplacement des différentes couleurs, les pigments utilisés (grâce aux analyses chimiques sur prélèvements) et les motifs. La volonté de redonner vie au lieu en l’exploitant a également pesé dans le choix de refaire les enduits, afin de protéger des murs en meulière qui s’abimaient, particulièrement au niveau des joints.