Accueil > Les expos > Précédentes > DEUX MILLE QUATORZE DIX-HUIT

DEUX MILLE QUATORZE DIX-HUIT

Stéphane Traversini. Chapelle de la Commanderie des Templiers, du 11 septembre au 5 octobre 2014. Une exposition où se conjuguent histoire nationale, du territoire et de la photographie aérienne.

straversini bando

Le cerf-volant est une entrée originale dans les commémorations de la première guerre mondiale. C'est une page méconnue de la photographie aérienne qui pourtant relie notre territoire à l'histoire de ce conflit.

Le plateau de Trappes fut, la veille du conflit, le terrain d'exercice de la Section Automobile de Cerf-Volant Monté du Capitaine Saconney. A cette époque, le cerf-volant prétendait encore rivaliser avec l'aviation militaire naissante pour opérer des photographies aériennes. Un sapeur aérostier réalise sa première ascension au-dessus de la chapelle de La Villedieu: il se nomme Félix Peaucou. Depuis sa nacelle, il photographie la plaine agricole environnante. A présent ce paysage est un monde ancien. Dans ses carnets de guerre qui couvrent toute la durée des hostilités, il évoque ce jour d'octobre 1913 de façon particulière, un jour magnifique...

En regard de chacun des vitraux de la chapelle survolée par des sapeurs aérostiers sont installés quatorze portraits de soldats à la présence troublante. Se mêle la mémoire de ces hommes avec le devenir d'une image ou celui d'un paysage.

Au cours des années vingt, lors du retour des corps desstraversini moustache© S.Traversini soldats morts au combat, la photographie s'est alors largement diffusée dans les cimetières en nichant le portrait du défunt au creux de ces livres de pierre. Sous l'effet du climat, des radiations, de la griffure du vent ou la morsure de la rouille, les traces du temps ont raviné ces images. Ainsi s'enregistre la durée qui nous sépare de ces hommes, mais également l'empreinte du pays qu'ils ont dû quitter pour rejoindre le front.

En abyme, pour photographier une photographie, il faut s'appuyer sur l'épaule d'un photographe fantôme et fixer un regard qui nous scrute encore...


Stéphane Traversini