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Décryptage de la restauration achevée en 2012

La déontologie de la restauration

intérieur chapelle vers 2000 ©CG78.ADY.fonds EPA SQY/D.R.intérieur chapelle vers 2000 ©CG78.ADY.fonds EPA SQY/D.R.

L’histoire de la restauration est faite de positionnements parfois opposés. Au XIXème siècle, alors que pour le français Viollet-le-Duc restaurer un édifice consiste à « le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé », pour l’anglais Ruskin toute intervention est une hérésie à l’encontre de l’usure du bâtiment, dont la ruine constitue le stade ultime et le plus exaltant.

La position actuelle est intermédiaire, visant à garantir la conservation du monument tout en respectant une représentation juste, eu égard à l’histoire propre du bâtiment. Ainsi les choix sont opérés au cas par cas et fondés tant sur des analyses scientifiques précises que sur la prise en compte de l’utilisation future du lieu.

Chapelledela Villedieu-redimentioneeIntérieur chapelle 2013 © Casqy C. Lauté

Dans tous les cas, le principe de réversibilité est primordial. La remise en couleur d'un décor ancien surprend nos yeux contemporains accoutumés aux pierres nues là où, du temple grec aux cathédrales, on sait cependant que les édifices étaient peints. Cette restitution s’appuie sur des restes de polychromie qui ont permis d’identifier l’emplacement des différentes couleurs, les pigments utilisés (grâce aux analyses chimiques sur prélèvements) et les motifs. La volonté de redonner vie au lieu en l’exploitant a également pesé dans le choix de refaire les enduits, afin de protéger des murs en meulière qui s’abimaient, particulièrement au niveau des joints.